Dans le but avoué de s’imposer sur le marché offshore, Suzuki lance le moteur hors-bord le plus puissant de son histoire, le sophistiqué DF350A, présenté comme rien de moins que l’ultime hors-bord quatre temps.

En qualifiant son nouveau moteur hors-bord DF350A d’Ultime hors-bord quatre temps, Suzuki  favorise une approche audacieuse qui place la barre des attentes à un très haut niveau. Avec une tellle affirmation, la première question qu’on se pose est : le produit est-il à la hauteur du slogan ?

Pour y répondre, Suzuki a convié la presse et des fabricants de bateaux de partout au  monde au lancement officiel de son nouveau moteur à Boca Raton en Floride l’été dernier et le magazine Les Plaisanciers y était. On nous avait averti avant coup que l’événement serait majeur, mais honnêtement, nous avons été plutôt surpris de constater la présence en Floride du grand patron du groupe Suzuki Toshihiro Suzuki en personne, accompagné du directeur général exécutif Yasuharu Osawa. Il devint du coup évident que ce qui se cachait derrière les rideaux était un objet très spécial et important aux yeux de la réputée compagnie japonaise.

Nous avons essayé le nouveau DF350 en configurations quadruple, double et simple.

Un produit phare.

Le tout nouveau DF350A à moteur V6 de 4,4 litres est le plus gros et plus puissant hors-bord jamais offert par Suzuki. En développement durant plus de trois ans, il se démarque sur les plans du design et de l’ingénierie avec entre autres son inédit rapport volumétrique de 12,0 à 1 (le plus élevé jamais offert sur un moteur hors-bord de production, tous fabricants inclus) de même qu’avec ses deux hélices à trois pales en rotation inverse.

Les hélices doubles en rotation inverse sont jumelées à des moteurs  inboard depuis des années, mais le DF350A devient le premier moteur hors-bord de production à privilégier une telle approche. Avec une plus grande surface d’interaction, les hélices doubles augmentent le mordant et la stabilité, améliorant du coup l’accélération tout en éliminant l’effet de couple à la direction et en améliorant le contrôle et la poussée en marche arrière.

“Nous avons travaillé très fort sur ce nouveau hors-bord, a déclaré le directeur général exécutif Yasuharu Osawa. Nous avons observé avec grand intérêt… la demande croissante pour des moteurs hors-bord sur des bateaux qui auparavant auraient privilégié la propulsion inboard ou semi hors-bord. Les temps sont mûrs pour ce nouveau hors-bord et nous croyons que vous allez vraiment l’apprécier.”

Le nouveau DF350A propose beaucoup de nouvelle technologie, incluant un système d’admission complètement repensé qui permet d’ingurgiter un volume supérieur d’air sans aspirer d’eau ou d’humidité. La culasse est dotée de deux injecteurs plus petits plutôt qu’un seul plus gros, ce qui permet une injection plus précise et dirigée au centre de la chambre de combustion, éliminant du coup la combustion décentrée et la détonation. La technologie avancée des pistons maximise la puissance tout en protégeant les têtes de soupapes.

Les caractéristiques du nouveau moteur comprennent le contrôle électronique de la marche et de l’ouverture des gaz, un mode pour la pêche à la traîne, un alternateur haut rendement de 54 ampères, la technologie d’alimentation Lean Burn de Suzuki et la compatibilité avec les commandes par joystick SeaStar. Comme les autres hors-bord V6 de Suzuki, le DF350A est doté d’un arbre décalé qui permet un design plus compact.

Côté performances, David Greenwood, directeur de la planifiation des produits chez Suzuki, n’a pas hésité à déclarer que  “pour l’accélération de zéro à 30 mi/h, le DF350 est plus rapide que le Yamaha 350 et le Mercury 350. Il atteint aussi une vitesse de point supérieure à celle du Mercury à compresseur. De plus, il consomme moins que les Yamaha ou Mercury 350. En d’autres mots, le nouveau DF350 performe mieux partout où ça compte pour le plaisancier d’aujourd’hui.”


Plusieurs bateaux étaient disponibles pour essayer le nouveau DF350A en configurations à propulsion simple, double, triple et quadruple. Tant qu’à faire, nous avons commencé par le haut en prenant les commandes d’un Sea Vee de 39 pieds à quadruples Suzuki.

En momtant à bord, nous n’avons même pas remarqué que les quatre moteurs étaient déjà en marche. Le silence au ralenti est impressionnant. Avec six personnes à bord et le plein d’essence, nous avons mis le cap vers l’horizon sur l’Atlantique et ouvert les gaz. Avec 1 400 chevaux derrière, nous savions que le gros Sea Vee serait rapide. Le grognement à la fois doux et puissant des Suzuki est aparu comme un bonus. L’accélération fut somptueusement douce, puissante et quasi instantannée. Enfoncez les gaz et la grosse coque glisse en mode planant le temps de le dire puis passe le cap des 30 mi/h sans aucun effort. Nous avons particulièrement apprécié l’immense couple à mi-régime des gros Suzuki. L’accélération au-desus de 40 mi/h était aussi forte qu’en début de course. La bande de puissance est vraiment costaude et les hélices doubles mordent férocement. À pleins gaz, les moteurs chantaient discrètement, le bruit du vent se montrant fort supérieur à celui des moteurs.

L’essai subséquent d’un Dusky à console centrale de 33 pieds à double propulsion a révélé le même type de puissance continue, sans aucun signe d’épuisement du couple lors des montées en régime. Les reprises étaient quasi instantannées d’un bout à l’autre de la bande de puissance. Les deux Suzuki et la carène agressive du Dusky étaient en parfait accord.

L’essai le plus significatif pour nous fut celui d’un ponton South Bay à propulsion simple. Les deux hélices en rotation inverse ne produirent aucun effet de couple sur la direction, ce que nous avons prouvé en lâchant prudemment le volant à différentes vitesses. Le ponton a conservé son cap, sans exiger de correction. L’impact de cette caractéristique sur le comportement est vraiment majeur quand on effectue une série de virages de plus en plus serrés. La direction est beaucoup plus libre et le contrôle nettement amélioré.   

Tant en configurations simple que multiple, l’effet des doubles hélices est marquant en marche arrière. Avec les engrenages de sa svelte partie inférieure, le DF350 recule presque aussi vite qu’il avance. L’absence d’effet de couple sur la direction en marche arrière est particulièrement notable en approchant une place à quai exigüe.

Fabriqué à l’usine Suzuki de Toyokawa au Japon, le nouveau DF350A est sensé faire son arrivée chez les concessionnaires cet automne.